Pyramide de Maslow

La pyramide de Maslow – Quelle est la votre ?

Citation de John Lennon

« Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J’ai répondu : “Heureux”

Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie. »

Quelle citation pourrait mieux illustrer cet article ? Tout est dit.

Mais ça ne veut rien dire diront certains. C’est utopique. C’est facile. Il faut bien avoir un métier, une activité qui nous fasse vivre !

A ça, je répondrai, bien sûr, si ce n’est que le propos de John Lennon s’inscrit bien dans cette philosophie mais avec une vision grand angle. En remettant sa citation de l’époque dans son contexte, il ne contredit pas la pyramide de Maslow. Il l’englobe. Il l’élargit. Il la transcende. Et d’ailleurs, l’avenir lui a donné raison…

C’est donc en s’appuyant sur cette citation que nous allons revoir ensemble :

Ce qu’est la pyramide de Maslow avec ses fondements et comment son modèle peut être réinterprété aujourd’hui avec des facteurs sociaux et culturels différents.

D’où le titre de l’article : La pyramide de Maslow – Quelle est la vôtre ?

Qui était Maslow ?

Abraham Harold Maslow était un psychologue américain spécialiste de la motivation selon la hiérarchisation des besoins humains. Son concept a été repris plus tard sous forme de pyramide dite de Maslow qui a longtemps été une référence dans les sciences humaines et notamment managériales.

Le temps passant son concept a cependant été remis en question et fait l’objet de nombreuses critiques mettant en cause les sources d’analyse qui ont servi de base à Maslow pour définir sa théorie. (A. Maslow est né le né le 1 avril 1908 à New York et mort le 8 juin 1970 en Californie. Il est entre autre considéré comme le père de l’approche humaniste.

Il a notamment écrit plusieurs ouvrages faisant toujours références.

· Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité – 1954

· Vers une psychologie de l’être – 1962

· L’Accomplissement de soi : de la motivation à la plénitude – 1964

· Eupsychian Management:_a_Journal1965

· The Psychology of Science: A Reconnaissance – 1966

· Être humain : la nature humaine et sa plénitude – 1971

· Définition

La pyramide des besoins dite de Maslow, est une théorie selon laquelle il existe une hiérarchie des besoins représentée sous forme de pyramide. Cette théorie classe plusieurs niveaux de motivation.

Réalisée dans les années 40 sous forme d’observations, cette étude a été présentée par A. Maslow en 1943.

Aujourd’hui cette représentation est considérée par la communauté scientifique comme erronée.

· Le contexte

Maslow a défini sa théorie selon laquelle l’être humain est conditionné par des besoins qui évoluent selon une hiérarchisation bien établie. Pour réaliser ses travaux, A. Maslow a pratiqué l’observation de ses contemporains dans les années 40.

Cela dit son échantillonnage d’étude semblerait assez restreint puisqu’il s’agirait essentiellement d’une observation réalisée sur son entourage professionnel et particulier.

C’est d’ailleurs le reproche et les critiques qui lui sont faites vis-à-vis de cet échantillonnage jugé plutôt restreint et non représentatif puisqu’il n’existe aucune données tangibles et exploitables laissées par Maslow pour appuyer ses travaux quant à l’étude de sa théorie.

· Le concept

La démarche globale de Maslow a consisté à s’intéresser essentiellement aux motivations comme fondements de la santé psychique jusqu’au degré ultime de l’accomplissement de soi.

Pour Maslow, un individu ne peut s’accomplir que dans la réalisation de son total développement. Pour y parvenir il devra franchir étape par étape les satisfactions qui répondront à ses besoins physiologiques, à ses besoins de sécurité, à ses besoins d’amour, à ses besoins d’estime et enfin à ses besoins d’accomplissement de soi.

Il a cependant nuancé cette hiérarchisation en évoquant une certaine porosité entre les niveaux et un franchissement avec un degré de satisfaction différent selon les individus.

Sous-entendu que chaque individu ne va pas satisfaire à 100% chaque niveau pour passer au suivant. Maslow insiste bien sur le fait qu’il n’y a pas de pourcentage établi pour passer d’un niveau à un autre.

Il faut attendre l’année 1970 pour que Maslow expose sa théorie de la motivation et la hiérarchisation des besoins avec les cinq niveaux de besoins.

· Les besoins physiologiques

· Les besoins de sécurité

· Les besoins d’appartenance

· Les besoins d’estime de soi

· Les besoin d’autoréalisation

Pour Maslow ce concept est universel et s’applique à tout type de société. Pour lui les facteurs de motivation sont intrinsèques à l’être humain.

Quel lien entre la motivation et les besoins ?

A. Maslow estimait que derrière chaque besoin (fondamental) il y a une motivation qui se met en place pour assouvir ce besoin.

Maslow découvrit par la suite que les besoins s’inscrivaient dans le cadre d’une hiérarchie dont les deux premiers étaient les fondamentaux.

Une fois ces deux besoins comblés, l’individu pouvait évoluer vers les autres. Seulement si un des besoins précédent n’était plus comblé, il redevenait prioritaire.

Il a toujours considéré que les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) une fois satisfaits, l’individu cherche à améliorer son quotidien en comblant d’autres besoins. Cette quête de la recherche de besoins supérieurs est une façon de maintenir un niveau de motivation constant.

· La pyramide

La représentation des besoins sous forme de pyramide se décline de la manière suivante de la base au sommet.

1er niveau – Les besoins physiologiques

Ils représentent les besoins de base, à savoir ; la faim et la soif.

2eme niveau – Les besoins de sécurité

Ils représentent les besoins de sécurité et de protection élémentaires. La sécurité physique et avoir un toit.

3eme niveau – Les besoins d’appartenance

A ce niveau il s’agit d’appartenance sociale à un groupe, avoir un rang social au sein de ce groupe (tribu) comme dans une famille. Trouver sa place.

4eme niveau – Les besoin de l’estime de soi

Il s’agit de l’estime, de la confiance et du respect des autres, de l’estime personnelle

5eme niveau – Les besoins de s’accomplir

A ce stade, c’est le sommet de la pyramide avec l’atteinte de l’accomplissement personnel.

Pyramide des besoins

Le « Dépassement de soi » a été identifié comme nouveau niveau de besoin par Maslow en 1967. Il distinguera cette notion de celle de l’accomplissement de soi

Pour lui, le besoin d’accomplissement de soi signifie que la personne cherche en permanence à s’améliorer pour développer son potentiel.

Alors que le dépassement de soi signifie que la personne va mettre au service des autres son potentiel.

Cette démarche est beaucoup plus altruiste que la précédente. L’individu se mettra au service d’organisation qui servent elles mêmes des causes.

Il souhaite donner un sens au développement de son potentiel en se rendant utile aux autres. C’est ce que Maslow appelle le besoin d’actualisation.

Les interprétations

Cependant le schéma de la pyramide a laissé cours à plusieurs interprétations.

Alors que Maslow avait une approche axée sur la psychologie de manière générale, c’est le monde de l’entreprise qui s’est emparé de la théorie pour l’appliquer aux approches managériales et de gestion des ressources humaines.

Les adeptes du marketing en ont également fait un outil pour leur sujet toujours en quête d’analyse de cibles commerciales.

A part une approche managériale participative, Maslow considérait qu’appliquer ce modèle au monde professionnel était plus complexe.

Face à des risques de licenciement, l’entreprise pouvait difficilement envisager de combler des besoins supérieurs alors que les besoins physiologiques pouvaient être remis en cause.

A partir de là, l’idée de vouloir motiver des salariés pour satisfaire des besoins au niveau de l’estime et de l’accomplissement était risqué et pouvaient avoir un effet boumerang.

La critique

Aujourd’hui, le concept de Maslow est plus que remis en cause puisqu’il est tout simplement considéré comme dépassé au regard de l’évolution de nos sociétés d’une part et par l’absence de données empiriques qui valident les travaux de Maslow d’autres part.

Il n’en reste pas moins que cette théorie est toujours abordée dans les programmes de formation car jugée utile et faisant parti des concepts importants dans le domaine.

Il est vrai que la définition de la hiérarchie des besoins de Maslow est relativement vraie mais là n’est pas la question qui se pose de nos jours.

La vraie question est dans qu’elle ordre et proportion peut-on reclasser ces besoins en fonction des nouveaux facteurs sociétaux et de leurs valeurs.

Les mentalités ont évolué depuis l’époque des trente glorieuses et les préoccupations ne sont plus les mêmes ou du moins organisées de la même manière.

Il est évident que ses deux premières motivations pour répondre à des besoins physiologiques et de sécurité restent d’actualité mais avec une approche différente.

La mondialisation a fait de notre planète un grand village avec des moyens de transport démocratisés et la multiplication des échanges.

Pour preuve, l’explosion de nouveaux métiers comme les « Digital nomade » qui aspirent à découvrir le monde tout en travaillant grâce aux nouvelles technologies qui permettent de le faire par exemple.

Ces nouveaux travailleurs ne sont pas moins sensibles à la notion de sécurité mais ils en ont une approche moins anxiogène tout simplement.

Leur notion d’avoir un logement devient toute relative vis-à-vis de la théorie de la pyramide de Maslow puisqu’il voyagent en permanence.

En revanche s’ils choisissent ce style de vie, c’est plus pour s’épanouir et s’accomplir comme le préconise le modèle de l’Ikigaï japonais.

C’est à dire gagner sa vie avec une activité et un mode de vie qui nous plaisent.

Ils développent leur activité et gagnent leur vie en s’accomplissant personnellement.Digital Nomad Du coup, c’est cette façon de vivre qui leur permet de mettre de l’argent de côté puisque le coût de la vie dans de nombreuses destinations soleil est très bas. C’est comme ça qu’ils peuvent pour certains envisager de s’acheter un bien dans leur pays d’origine.

A noter que parmi ces “Digital Nomad” il y a presque autant de profils que de fonctionnements différents.

Certains ne voyagent que quelques mois par an et vivent dans leur pays et ville d’origine. D’autres vivent à l’étranger sur le même principe. Seule une partie minime est en constant mouvement.

Dans leur cas la motivation des besoins est complètement inversée.

On pourrait trouver d’autres exemples.

Sans compter sur l’explosion du prix de l‘immobilier qui rend l’accession à la propriété de plus en plus difficile.

Il en est de même avec la location qui tend à se développer vers le concept de colocation moins onéreux et administrativement plus accessible.

La mobilité étant de plus en plus nécessaire pour trouver un emploi, les individus cherchent des solutions adaptées à leurs besoins.

Après leurs études les jeunes actifs doivent être de plus en plus mobiles sur le plan national mais également international.

Le deuxième niveau de Maslow concernant le logement devient donc une préoccupation logistique plus qu’une motivation pour répondre à un besoin sociologique.

Ces besoins deviennent matériels et pragmatiques et non choisis. La motivation définie par Maslow pour satisfaire ces besoins a changé de nature. Autrefois, les besoins d’avoir un bien immobilier consistait à s’installer pour y prendre racine.

A partir de là on pouvait franchir les étapes identifiées par Maslow. De nos jours, ces besoins sont satisfaits pour des raisons rationnelles plus que pour répondre à des motivations planifiées.

Les jeunes actifs savent que leur logement n’est qu’un point de chute lié à un emploi qui peut changer à terme.

Les raisons sont simples. Aujourd’hui le système tel qu’il existe, n’est plus en capacité de fournir des solutions adaptées à son propre modèle.

Donc l’idée de pouvoir satisfaire ses besoins par étapes successives comme le suggérait Maslow n’est plus d’actualité ou seulement pour une partie infime de la population.

Le monopole de la pyramide = blocage

C’est pour ces raisons qu’il est complètement dépassé de considérer ce modèle comme une référence sociétale alors qu’elle appartient au passé.

On peut le regretter, là n’est pas la question. La question est comment mettre en adéquation cette théorie avec nos nouveaux modèles de sociétés en prenant en compte des paramètres qui se sont multipliés.

De toute façon, en continuant d’imposer un seul modèle pour des dizaines, voire des centaines de fonctionnement différents, cela deviendra ingérable et engendrera un blocage structurel de nos sociétés.

On ne peut pas dans un même temps, demander aux gens d’être plus mobile, réactif et dynamique en gardant un système figé et verrouillé.

La pyramide selon les cultures

Parmi les critiques opposées au modèle de Maslow, celui de l’inter-culturalisme en est l’un des plus important et pour cause.

Maslow s’est basé sur des observations qui impliquaient ses collègues de travail et son environnement familial.

Donc, une approche occidentale qu’il considérait à tort comme universelle.

Il suffit de prendre en compte les styles de vie dans les pays en Asie par exemple, pour s’apercevoir que la notion de développement de soi n’existe pas puisqu’elle fait partie intégrante de leur vie comme fondement.

C’est ce que l’on appelle le Karma. Dans ces cultures les besoins physiologiques, de sécurité et de développement de soi ne font qu’un.

Je dirai même que leur notion de sécurité est à mille lieux de la nôtre car chez eux la notion de risque fait partie de la vie.

Encore une fois il ne s’agit pas de juger si c’est mieux ou pas. C’est ainsi. En tout état de cause, on constate par ces faits que la théorie de Maslow ne s’applique pas à ces sociétés.

On pourrait décliner cette démonstration par continent pour aboutir à des conclusions plus ou moins identiques.

Il suffit de prendre pour exemple le principe de l’Ikigaï qui nous vient du Japon et à fortement tendance à se développer dans nos sociétés occidentales.

En résumé, ne pas tenir comptes des spécificités interculturelles par pays ou continent et considérer que la théorie de Maslow est universelle  relève de l’autisme intellectuel. C’est vraiment avoir une approche béotienne des choses que de nier ces faits.

Quelle est votre pyramide ?

On peut donc s’interroger sur la possible personnalisation de la pyramide par individu ou groupe d’individu.

Comment organiseriez-vous votre propre pyramide ?

Comment est-ce que vous regrouperiez les besoins et dans quel ordre ?

Reprendriez-vous le principe de l’Ikigaï ?

IKIGAI = PASSION + MISSION + PROFESSION + VOCATION (voir article sur le sujet)

La question est posée…

Essayez de dessiner votre pyramide et de la compléter avec vos propres niveaux de besoins.

Dans cette vidéo un autre témoignage sur le besoin de reconnaissance comme première motivation au travail.

En résumé

Le schéma de la pyramide de Maslow est toujours valable pour une certaine catégorie de personne mais la diversité des modèles économiques qui explosent depuis les années 2000 a créé de nous schémas qui redistribuent l’ordre des valeurs de cette pyramide initiale. La question n’est pas d’opposer les concepts mais d’intégrer qu’il ne peut plus y avoir qu’un seul modèle.

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